Christophe Degrez, le patron d’Eneco Belgique, en est convaincu : d’ici quelques années, le secteur énergétique belge sera entre les mains d’un nombre limité de fournisseurs.

Une théorie soutenue par la récente récupération d’Eni par Eneco ; de l’acquisition de la clientèle belge de JOiN – Enovos par le fournisseur de gaz et d’électricité liégeois Mega ; ou encore du rachat de Direct Energie (dont la filiale belge n’est autre que Poweo) par le groupe pétrolier Total.

Une consolidation du marché par des acteurs toujours plus importants qui augurent un retour vers une situation antérieure : à l’époque où les consommateurs belges n’avaient qu’un seul interlocuteur (leur intercommunale) et où le territoire belge n’était desservi que par un seul fournisseur : Engie Electrabel.

Avant et après la libéralisation du marché en Wallonie

« Je vous parle d’un temps que les moins de 11 ans ne peuvent pas connaître », le marché de l’énergie belge, en ce temps-là, était aux mains de quelques monopoles :

  • Engie-Electrabel était alors le seul à produire de l’électricité et à la transporter ;
  • L’intercommunale active dans votre zone d’habitation (votre seul interlocuteur) était alors la seule en charge de la distribution et de la fourniture d’énergie ;

Cette situation de monopole sur le transport, la distribution et la fourniture d’énergie n’étant pas au goût de l’Europe, une série de directives a été mise en place. Objectif : scinder le secteur de l’énergie en métiers afin de faire jouer la concurrence et d’ainsi garantir au consommateur une augmentation de la qualité des services et une diminution des prix.

Les acteurs du marché de l'énergie en Belgique

© Energie-Wallonie.be

En 2003 en Flandre puis en 2007 à Bruxelles-Capitale et en Wallonie, le marché de la fourniture se libéralise et de nouveaux acteurs apparaissent. Désormais, le secteur de l’énergie belge s’articule autour de différents métiers :

  • Les producteurs d’électricité (en Belgique, le gaz naturel est importé) et les fournisseurs d’énergie : Eneco, Luminus, Mega, Engie Electrabel, etc.
  • Les gestionnaires du réseau de transport d’électricité et de gaz (GRT) : respectivement Elia et Fluxys ;
  • Les gestionnaires du réseau de distribution (GRD) : Resa, Ores, Sibelga, etc. ;
  • Les régulateurs : la CREG et la CWaPE ;
  • Les médiateurs : le Service de Médiation de l’Energie et le Service régional de médiation pour l’énergie ;

Un secteur énergétique belge de plus en plus complexe

Onze ans plus tard, le marché a bien évolué. Si l’ouverture à la concurrence permet aux ménages belges de réaliser des économies sur leur facture d’énergie (à condition de comparer les offres tarifaires des fournisseurs et d’en changer régulièrement et intelligemment) ; les prix du transport et de la distribution n’ont eu, quant à eux, de cesse d’augmenter.

Pour les fournisseurs, dont la part « énergie » ne représente plus qu’un quart (en moyenne) du montant total de votre facture, il faut avoir une taille et une stabilité suffisante pour parvenir à supporter seul les coûts induits par les impayés. Le reste de votre facture est composé des coûts de transport, de distribution, des taxes et des surtaxes.

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Le saviez-vous ? En Wallonie, le poste « énergie » de votre facture s’élève à 23,38 % pour l’électricité et à 44,75 % pour le gaz. À Bruxelles, on atteint respectivement 27,19 % pour l’électricité et 50,29 % pour le gaz.

Une fourniture d’énergie guère rémunératrice, et cela sans compter la difficulté (en Belgique) de se soumettre aux différentes réglementations régionales, tout en se mettant au diapason de l’Europe et de ses objectifs climatiques.

Un nouveau « business model » pour se réinventer

Selon Christophe Degrez, patron d’Eneco, les fournisseurs d’énergie belges ne survivront pas s’ils se cantonnent à la vente de gaz et d’électricité :

Christophe Degrez (CEO Eneco Belgium)

Christophe Degrez CEO Eneco Belgium

« Les fournisseurs vont devoir transformer leur business model. C’est pour cela que nous allons regarder chaque opportunité de croissance interne ou externe, qu’elle soit dans le solaire, l’éolien ou du côté des portefeuilles de clients, et continuer à nous réinventer en permanence. » – l’Echo.

D’où l’urgente nécessité de, non seulement, s’agrandir pour mieux supporter les coûts, mais aussi de se réinventer à travers la mise en place de nouveaux services (tels que la commercialisation de batteries, la création de thermostats intelligents, etc.).

En d’autres termes, des solutions renouvelables, intelligentes et propres « de transition » dans la ligne des engagements pris par le pacte énergétique belge de sortir du nucléaire en 2025 ; et en accord avec l’objectif climatique imposé par l’Europe d’atteindre les 100 % d’approvisionnement en énergies renouvelables d’ici à 2050.

Un changement de perspective, le développement de nouveaux produits et, enfin, la mutation d’un marché de l’énergie désormais résolument tournés vers l’avenir !

Source photo : https://be.linkedin.com/in/christophedegrez

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