Des nombreux engagements pris par le pacte énergétique belge en 2018, la sortie du nucléaire à l’horizon 2025 est très certainement la mesure qui aura suscité le plus d’émois.

Derrière cette décision, l’objectif climatique ambitieux imposé par l’Europe d’atteindre les 100% d’approvisionnement en énergies renouvelables d’ici à 2050. Un scénario au cœur de la transition énergique – tantôt célébré par ses partisans, tantôt contesté par ses détracteurs –  qui sera déterminant pour l’avenir du secteur énergétique belge.

Problématiques d’une sortie du nucléaire en Belgique

Pour l’année 2017, 50 % de l’électricité produite en Belgique est d’origine nucléaire. Cela représente un peu plus de 40 TWh. Cette quantité totale d’électricité produite doit donc être compensée si l’on souhaite, à terme, se passer de l’énergie nucléaire.

Selon le gestionnaire du réseau de transport électrique Elia, quel que soit le scénario envisagé, la construction de nouvelles centrales thermiques de combustibles fossiles carbonés (gaz, pétrole, charbon) sera nécessaire pour assurer la sécurité de l’approvisionnement, sans renforcer la dépendance énergétique de la Belgique.

Centrales nucléaire - centrale thermique - Comparateur-Energie

Pour Damien Ernst, spécialiste des questions d’énergie à l’ULiège, l’investissement des producteurs dans ces centrales au gaz aura un coût financier et environnemental important. Car, en plus d’une augmentation de la facture énergétique, la fermeture annoncée des centrales provoquerait la perte de nombreux emplois.

Dès lors, peut-on réellement espérer atteindre les objectifs européens en matière de diminution de gaz à effets de serre, tout en assurant la sécurité de l’approvisionnement énergétique et la stabilité des prix en Belgique ?

Quels sont les arguments pour une sortie du nucléaire en 2025 ?

Pour les partisans d’une sortie du nucléaire à l’horizon 2025, dont le député fédéral et chef de groupe Ecolo/Groen Jean-Marc Nollet, la réponse est oui ! Et les arguments et alternatives qu’ils opposent ne manquent pas :

  • Le développement des filières d’énergie renouvelable terrestres, maritimes et solaires pourrait fournir les 3,6 GW manquants ;
  • Le développement des énergies renouvelables créerait 4 fois plus d’emplois par MWh que le nucléaire ;
  • À terme, la production d’électricité décarbonée permettra de diminuer les émissions de gaz à effets de serre et d’atteindre les objectifs fixés par l’Europe ;
  • Remettre en état une centrale nucléaire (ou construire un nouveau réacteur) coûte plus cher que de la démanteler ;
  • La Belgique connaît un essor du renouvelable, dont une part grandissante de sources d’énergie intermittentes (solaire et éolien) dans le parc de production belge ;
  • L’énergie complémentaire injectée sur le réseau par les petits producteurs privés pourrait contribuer à la sécurité de l’approvisionnement ;
  • Le coût de l’énergie renouvelable n’a de cesse de diminuer, et ce, de manière spectaculaire (l’énergie éolienne est moins chère que l’énergie nucléaire) ;

Enfin, il ne faut pas oublier que :

  • L’énergie nucléaire n’est pas une énergie propre puisque le stockage des déchets radioactifs est nocif pour l’environnement ;
  • En cas d’incident nucléaire, l’ensemble du territoire belge, ainsi que les Pays-Bas, l’Allemagne, la France et le Luxembourg seraient touchés.

La solution consisterait donc à compenser une partie de l’électricité qui viendrait à manquer par l’amélioration de l’efficacité énergétique, par des capacités de stockage accrues (permettant d’accueillir le surplus de production des ménages, notamment) et par l’augmentation des énergies renouvelables qui produiront de l’emploi et garantiront une sécurité d’approvisionnement.

Eoliennes - Energies renouvelables - Comparateur-Energie

Quel impact sur la facture d’énergie des consommateurs belges ?

D’après une étude relayée par la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem, la sortie du nucléaire ne coûterait que 15€ htva par an et par ménage, à partir de 2025. Selon le député N-VA Bert Wollants cependant, le coût supplémentaire moyen devrait plutôt s’élever à 50€ par an et par ménage.

Deux théories contredites par Ecolo, pour qui ces estimations budgétaires surévaluent le coût des alternatives, sous-évaluent le coût de la prolongation des réacteurs et ne prennent pas en compte le coût économique du risque nucléaire.

Pour Jean-marc Nollet : « une sortie du nucléaire est nécessaire et possible en 2025 sans impact majeur sur nos émissions de gaz à effet de serre, ni sur la facture ». Cela constituerait même la solution la moins chère. À condition, bien sûr, de mettre en œuvre des politiques et mesures efficaces dès aujourd’hui !

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Et si vous aussi, vous participiez dès aujourd’hui à l’effort en optant pour un fournisseur d’énergie vert qui investit massivement dans les énergies renouvelables ?

Sources :

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