Les consommateurs sensibles à l’environnement souscrivent généralement des offres d’électricité verte. Pourtant, ces dernières ne leur assurent pas une fourniture d’énergie renouvelable. Explications.


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Lors d’une comparaison des offres d’électricité, il y a un élément qui fait mouche auprès de certains consommateurs : leur éventuel caractère vert. La raison de cet intérêt s’explique par le fait que de plus en plus de Belges semblent prendre conscience de leur empreinte écologique. Responsable de la détérioration des écosystèmes et du déclin de la biodiversité, l’impact de l’Homme sur la nature est alarmant mais chaque citoyen peut prendre des mesures pour le réduire. Parmi elles, consommer moins et mieux, délaisser la voiture au profit des transports en commun et favoriser les énergies renouvelables.

C’est donc naturellement que souscrire une offre d’électricité verte apparaît comme une solution adéquate. Mais en quoi consiste vraiment ce type de produit ? Comment les fournisseurs d’énergie peuvent-ils proposer de l’énergie renouvelable lorsqu’ils n’en produisent pas ?

Qu’est-ce qu’une offre d’énergie verte ?

Une offre est présentée comme étant 100 % verte lorsque l’électricité commercialisée par le fournisseur a été produite uniquement à partir de sources renouvelables. Il peut par exemple s’agir du soleil, du vent, de la chaleur de la Terre ou encore de la biomasse. Leurs particularités ? Elles sont inépuisables et ne génèrent pas de déchets lors de la production d’électricité.

Les alternatives écologiques sont donc nombreuses mais ne vous réjouissez pas trop vite. En effet, leur utilisation ne signifie pas que vous serez approvisionné via de l’électricité verte si vous souscrivez une offre qui en promet.

Quatre ampoules dont trois sont noires et une verte

Opter pour une offre d’électricité verte mais être alimenté en énergie grise est inévitable.

Comment cela est-il possible ? En fait, c’est assez simple : dans notre pays, il n’y a qu’un réseau sur lequel tous les producteurs d’énergie injectent leur électricité. Autrement dit, celle issue du renouvelable se mélange à celle provenant de toutes les autres sources à l’instar du nucléaire et du fossile (charbon, pétrole, gaz naturel). Par conséquent, tous les foyers belges bénéficient de la même électricité. Impossible de la distinguer lorsqu’elle sort des prises de courant.

La seule façon d’être certain de participer au développement durable est alors de vous intéresser au mode de production de l’électricité vendue par les fournisseurs d’énergie verte.

Les labels de garantie d’origine, un système de compensation

En Belgique, la majorité des fournisseurs mettent à disposition des offres d’énergie verte alors qu’ils investissent souvent massivement dans le nucléaire et les énergies fossiles.

La Terre de couleur verte Oui, vous avez bien lu ! Même si sur le papier cela semble contradictoire, cela est tout à fait possible. En effet, les fournisseurs d’électricité verte ne produisant pas assez, voire pas du tout, d’électricité renouvelable n’ont aucune obligation de posséder ou de construire leurs propres installations d’énergie verte. Commercialiser ce type d’offres les contraint en réalité seulement à acheter de l’électricité verte en quantité identique à votre consommation.

Pour ce faire, ils s’adressent à des producteurs d’électricité verte dont les installations, situées principalement dans les pays scandinaves, leur permettent de recevoir des certificats européens appelés « labels de garantie d’origine » (LGO). Le but de ces LGO ? Attester l’origine verte de l’électricité distribuée ensuite à un client final. Il ne reste alors plus qu’à ces fournisseurs de s’en procurer afin de verdir leur bilan. Et voilà comment légalement ils se retrouvent à pouvoir affirmer que leur électricité est 100 % verte.

Quant aux fournisseurs également producteurs d’électricité verte, ils sont simplement tenus d’en produire en quantité équivalente à celle qu’ils vendent à travers leurs contrats d’électricité verte.

Commercialiser de l’électricité verte ne signifie pas soutenir la filière renouvelable. Source : Greenpeace

Des contrôles annuels pour vérifier l’engagement du fournisseur d’électricité

Les régulateurs régionaux (la CWaPE, en Wallonie) s’assurent que les fournisseurs d’électricité renouvelable respectent bel et bien le système de traçabilité européen en les soumettant à deux règles. La première, ils doivent faire parvenir chaque année aux autorités les LGO pour l’électricité verte vendue au cours de la période écoulée. La seconde, ils sont obligés de communiquer mensuellement la liste des clients fournis en énergie renouvelable.

Sur la base de ces deux informations, les régulateurs vont calculer le nombre de LGO réellement attendu et ainsi vérifier qu’il y ait bien autant d’énergie verte produite que vendue.

Être éco-responsable, c’est alors mission impossible ?

Si la majorité des fournisseurs n’achètent rien de plus que la « couleur verte » d’une électricité produite ailleurs, alors tout n’est que mascarade ? Non, et heureusement.

En souscrivant une offre verte, les consommateurs ont peu de chance de soutenir majoritairement la filière renouvelable en Belgique. C’est un fait. Mais ils participent tout de même à la réalisation des objectifs imposés en Europe et permettent ainsi d’accélérer la transition vers l’énergie durable.

Et si cela ne leur suffit pas, il leur reste toujours la possibilité de se renseigner sur la politique environnementale du fournisseur en consultant le classement des fournisseurs d’énergie établi par Greenpeace. En s’assurant qu’il s’approvisionne uniquement auprès de producteurs verts, ils seront certains que leur argent sert à défendre une cause qui leur tient à cœur : protéger la planète !

Vous vous demandez toujours quel fournisseur d’électricité choisir ? Vous avez besoin d’aide pour réaliser un comparatif des fournisseurs d’énergie verte ? N’hésitez pas à appeler nos conseillers au 0800 37 369 ou à les joindre par e-mail (info@comparateur-energie.be).

Quel est le prix de l’électricité verte ?

Symbole de l'euro de couleur verteSoyons honnête : les offres d’électricité verte sont en général plus chères que les offres classiques. La raison ? Le nucléaire est une énergie bon marché par rapport au solaire ou à l’éolien qui ne sont, pour le moment, pas encore assez rentables. La faute à leurs frais opérationnels et d’investissement élevés.

Dans la pratique, le surcoût de l’électricité verte se traduit souvent par une redevance annuelle plus importante. Cette tendance à la hausse est également valable pour le prix du kWh d’électricité mais à ce niveau-là, deux pratiques se distinguent. Certains fournisseurs comme Engie Electrabel se contentent d’indiquer dans leurs grilles tarifaires le supplément à payer pour soutenir la production d’électricité d’origine renouvelable. Aux consommateurs alors de l’additionner au prix classique de l’offre. D’autres ont quant à eux choisi de concevoir directement des « produits verts » en adaptant les tarifs en conséquence.

Néanmoins, concilier préservation des ressources et économies reste toujours faisable. En effet, vous pouvez adopter au quotidien de nombreux gestes qui vous permettront de diminuer votre consommation et donc votre facture d’électricité. Pensez par exemple à remplacer vos anciennes ampoules par des modèles économiques et à débrancher les appareils dont vous n’avez pas besoin !

Et le gaz renouvelable, ça existe ?

Le gaz naturel est loin d’être une énergie renouvelable. En effet, les réserves de ce combustible fossile présent naturellement dans le sous-sol de la Terre s’amenuisent peu à peu car elles sont utilisées bien trop vite par rapport au temps dont elles ont besoin pour se reconstituer. De plus, selon la profondeur et les types de gisements, l’exploitation du gaz peut se révéler très polluante, même si elle reste inférieure à celle du charbon.

Pour contrebalancer ses conséquences souvent désastreuses pour l’environnement, il n’y a pas de solution miracle. La vocation première des techniques d’extraction, qui permettent de creuser jusqu’à plusieurs kilomètres sous terre, n’est évidemment pas de préserver l’environnement. Par conséquent, pour séduire les consommateurs qui ont la fibre écologique, quelques fournisseurs de gaz ont décidé de commercialiser des offres de gaz naturel compensé carbone. Le principe ? À défaut de pouvoir éviter la production de CO2, ils s’engagent à compenser ces émissions en soutenant des projets environnementaux quelque part dans le monde.

Sur le marché belge de l’énergie, Mega et Luminus sont les seuls à le faire. Mega promet ainsi, via son offre « Ecogaz », de participer au financement de projets, notamment certifiés par les Nations unies, à hauteur de la consommation de gaz de son client.

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