En Belgique, tout logement connecté au réseau électrique dispose d’un compteur. Mais lequel faut-il choisir ? Et sur base de quels critères ? Pour le savoir, suivez le guide !

Au moment de raccorder sa maison au réseau électrique, le consommateur est confronté à un choix cornélien. Doit-il installer un compteur mono-horaire (mono horaire ou monohoraire) ou un compteur bi-horaire (bi horaire ou bihoraire) ? Ou troisième possibilité, ajouter un compteur exclusif de nuit réservé au chauffage du logement ? La question est pertinente car évidemment, le but est d’opter pour le système le plus avantageux en fonction de son profil de consommation.

Une fois ce point résolu, reste à savoir s’il est possible de remplacer un compteur pour par exemple convertir un bi-horaire en mono-horaire. Mais pas de panique, Comparateur-Energie est là pour vous guider dans votre choix et vos éventuelles démarches.

1. Qu’est-ce qu’un compteur, à quoi sert-il ?

Le compteur électrique permet de mesurer la quantité d’électricité consommée sur une période de temps définie. Il existe également un compteur de gaz qui permet de mesurer la consommation de gaz. La quantité d’électricité est exprimée en kilowattheure (kWh) tandis que la consommation de gaz est exprimée en mètre cube (m3). Votre fournisseur de gaz vous facturera pourtant des kWh, il a en effet effectué la conversion mètres cubes vers kilowattheures sur votre facture annuelle.

Le compteur est composé d’un ou de deux cadrans affichant des chiffres. Ces chiffres forment vos index qui déterminent votre consommation d’énergie à tout instant.

Le compteur mono-horaire ne comporte qu’un seul cadran et donc un seul index, tandis que le compteur bi-horaire comporte deux cadrans et donc deux index.

1.1. L’index du compteur

Chaque année, votre gestionnaire de réseau de distribution (ou GRD) vous demande de procéder à un relevé d’index de vos compteurs. Ces relevés d’index sont ensuite communiqués à votre fournisseur qui les utilise pour connaître votre consommation d’énergie annuelle. Lors de la réception de votre facture de régularisation (ou décompte annuel), le fournisseur peut ainsi déduire les acomptes payés lors de l’année écoulée et régulariser votre situation.

1.2. Le numéro de compteur

Chaque compteur porte un numéro, dit numéro de compteur. Le numéro de compteur comporte le numéro de série et le numéro de matricule. Le numéro de série est gravé sur le dispositif de comptage. Les trois derniers chiffres composent le numéro de matricule. Chaque numéro de compteur est unique. Si votre compteur est défectueux, il sera remplacé par un nouveau compteur portant un nouveau numéro. en cas de compteur défectueux, il est conseillé de contacter votre gestionnaire de réseau de distribution (GRD).

1.3. Le code EAN

A contrario, les codes EAN (qui identifient vos points de fourniture), sont invariables et ne changent pas en cas de remplacement de compteur.

Ainsi, un logement qui consomme de l’électricité dispose toujours d’un code EAN en électricité et d’un numéro de compteur électrique. Le code EAN (série de 18 chiffres commençant toujours par 54) est toujours repris sur les factures d’acompte du fournisseur d’énergie ou encore sur le décompte annuel (appelé aussi facture de régularisation). Si un logement est fourni en électricité et en gaz, il possède donc deux codes EAN et deux numéros de compteur.

Code EAN

Ainsi, si le gestionnaire de réseau de distribution remplace un compteur défectueux, le consommateur conservera tout de même son ou ses code(s) EAN. En revanche, s’il déménage, son ou ses codes EAN ainsi que son ou ses numéros de compteurs seront remplacés.

Il existe trois types de relevé de compteur : YMR (Yearly Meter Reading), MMR (Monthly Meter Reading) et AMR (Automatic Meter Reading).

1.4. Les types de relevé : YMR, MMR et AMR

En Belgique, il existe trois types de relevé, qui sont indépendants du type de compteur (mono-horaire ou bi-horaire) : le relevé YMR, le relevé MMR et le relevé AMR.

Le compteur YMR est un compteur dont l’index est relevé manuellement, une fois par an, par le gestionnaire de réseau ou par le consommateur lui-même. Comme la consommation est connue a posteriori, le consommateur paye des acomptes jusqu’à l’établissement de la facture de régularisation, basée sur la consommation réelle. Les acomptes constituent donc des provisions. Lors de la réception de la facture de régularisation, le consommateur peut soit payer un complément au fournisseur car ses acomptes étaient sous-estimés, soit être remboursé par le fournisseur (sous forme de note de crédit) car les acomptes étaient surestimés.

Le compteur MMR est relevé chaque mois, automatiquement ou directement par le gestionnaire de réseau (GRD). Pour ce compteur, le consommateur n’a ni facture d’acompte ni facture de régularisation annuelle car il paye exactement ce qu’il consomme.

Compteur AMREnfin, le compteur AMR est un compteur télérelevé (ou compteur quart-horaire). L’index est relevé de manière automatique toutes les 15 minutes. Comme pour le compteur MMR, le consommateur paye uniquement ce qu’il a consommé. Il n’y aura donc pas non plus de facture d’acompte ni de facture de régularisation annuelle. Généralement, les compteurs MMR et AMR sont des compteurs dédiés aux consommateurs professionnels présentant d’importantes consommations.

1.5. Compteur ouvert ou compteur fermé

Par ailleurs, le compteur de gaz ou d’électricité peut être ouvert ou fermé. Pour être fourni en gaz ou en électricité, il est impératif que le compteur soit ouvert. Dans le cas où le consommateur emménage dans une habitation où les compteurs sont fermés, il a l’obligation de faire ouvrir ses compteurs pour être fourni par le fournisseur d’énergie de son choix. L’ouverture d’un compteur est payante et le prix varie en fonction du gestionnaire de réseau.

Voici quelques exemples de prix pour l’ouverture d’un compteur d’électricité :

  • Bruxelles (Sibelga) : 84,70 € TVAC
  • Wallonie (Ores) : 104,06 € TVAC
  • Flandre (Infrax) : 81,46 € TVAC

L’ouverture d’un compteur se déroule en trois étapes :

  1. Il faut, dans un premier temps, souscrire un contrat d’énergie auprès du fournisseur de son choix. Il est primordial de connaître son code EAN pour ce faire. Contactez votre gestionnaire de réseau ou comparateur-energie.be si vous ne connaissez pas votre code EAN.
  2. La demande d’ouverture de compteur se fait auprès de votre gestionnaire de réseau, deux jours ouvrables après la souscription de votre contrat. Le gestionnaire va vérifier si un contrat a bien été souscrit pour votre point de livraison. Le cas échéant, vous fixerez ensemble un rendez-vous afin qu’un employé vienne ouvrir votre compteur à votre domicile.
  3. Si votre installation est neuve ou rénovée, vous devez disposer d’une attestation de conformité (ou certificat pour votre compteur de gaz) de votre compteur électrique délivrée par un organisme agréé (ou par votre installateur pour votre compteur de gaz). Le jour du rendez-vous, vous ou un autre adulte donnez accès à votre compteur. Le technicien vérifie votre attestation si besoin et procède à l’ouverture de votre compteur. Il contrôlera ensuite la bonne alimentation en électricité ou en gaz de votre logement.

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2. Trois compteurs d’électricité, chacun ses avantages

2.1. Compteur mono-horaire

Le compteur mono-horaire (tarif simple) ne fait pas de distinction entre les heures pleines (jour) et les heures creuses (nuit et week-end). Un seul et même tarif est appliqué pour l’électricité consommée, quels que soient l’heure ou le jour de la semaine.

2.2. Compteur bi-horaire

Le compteur bi-horaire fait la distinction entre les heures pleines (jour) et les heures creuses (nuit et week-end). Selon le moment pendant lequel est consommée l’électricité, le consommateur sera facturé au tarif de jour ou bien au tarif de nuit.

2.3. Compteur exclusif nuit

Le compteur exclusif de nuit fournit l’électricité aux appareils ne fonctionnant que la nuit tels que les chauffages à accumulation ou les chaudières destinées à la production d’eau chaude. Ce compteur est toujours accompagné d’un compteur mono-horaire ou bi-horaire.

3. Quel compteur pour quel consommateur ?

3.1. Mono-horaire

Dans le cas du compteur mono-horaire, un tarif unique est appliqué, quels que soient le jour et l’heure de la semaine. Il sera donc bénéfique aux consommateurs, dont la plus grande partie de l’électricité est consommée en journée, tels que les écoles ou les bureaux. Ce type de compteur conviendra également aux personnes ayant une petite habitation, et donc une faible consommation. Êtes-vous un petit consommateur ou un gros consommateur ?

Taille du ménage Compteur mono-horaire Compteur bi-horaire
1 personne 600 kWh 300 kWh jour – 300 kWh nuit
2 personnes 1.200 kWh 500 kWh jour – 700 kWh nuit
3 personnes 3.500 kWh 1.600 kWh jour – 1.900 kWh nuit
4 personnes 4.500 kWh 1.900 kWh jour – 2.600 kWh nuit
5 personnes 7.500 kWh 2.700 kWh jour – 3.900 kWh nuit

Le tarif simple (ou tarif normal) est aussi généralement conseillé aux ménages équipés de panneaux photovoltaïques. Découvrez notre article qui se rapporte au compteur idéal pour les logements disposant de panneaux photovoltaïques (à venir).

3.2. Bi-horaire

Le compteur bi-horaire est un compteur qui distingue deux tarifs selon le jour et l’heure de consommation : un tarif de jour et un tarif de nuit. Le tarif de nuit étant plus avantageux que le tarif de jour, le consommateur essayera donc de maximiser la consommation des appareils électroménagers (machine à lessiver, lave-vaisselle, séchoir…) pendant les heures creuses (c’est-à-dire la nuit et le week-end). Il est bon de préciser que les heures pleines et les heures creuses peuvent varier d’une région à l’autre, voire d’un code postal à un autre, selon le gestionnaire de réseau de distribution (GRD).

En Wallonie, les heures creuses s’étalent de :

  • 21h à 6h pendant la semaine et du vendredi 21h au lundi 6h pendant le week-end ;
  • 22h à 7h pendant la semaine et du vendredi 22h au lundi 7h pendant le week-end ;
  • 22h30 à 7h30 pendant la semaine et du vendredi 22h30 au lundi 7h30 pendant le week-end ;
  • 23h à 8h pendant la semaine et du vendredi 23h au lundi 8h pendant le week-end.

Pour savoir quand commencent les heures pleines et les creuses de votre commune, il suffit de contacter votre gestionnaire de réseau de distribution. Si vous ne le connaissez pas, rendez-vous sur notre outil pour identifier votre gestionnaire de réseau de distribution.

Si vous habitez en Région bruxelloise, vous trouverez la liste des communes et des horaires relatifs aux heures creuses et aux heures pleines en suivant ce lien.

3.3. Exclusif de nuit

Le compteur exclusif de nuit est uniquement raccordé à des installations de chauffage et n’est pas utilisable en journée. Il est donc avantageux pour les personnes ou les ménages disposant d’un chauffage à accumulation et/ou d’un chauffe-eau. Ce compteur est toutefois très peu utilisé de nos jours. De plus, le prix unitaire du kilowattheure (kWh) pour le compteur exclusif de nuit est, depuis 2015, pratiquement toujours identique au prix unitaire du kilowattheure du compteur bi-horaire en période creuse (tarif de nuit).

4. Comment changer mon compteur ?

4.1. Remplacer son compteur

Si votre compteur est défectueux, vous devez contacter votre gestionnaire de réseau pour demander son remplacement. Dans ce cas, leur intervention et le remplacement du compteur seront gratuits.

4.2. Passer d’un compteur mono-horaire à un compteur bi-horaire

Selon ORES, remplacer un compteur mono-horaire par un compteur bi-horaire s’élève à environ 250 €. Toutefois, ce prix peut varier en fonction de divers paramètres : déplacement du compteur ou encore le renforcement du compteur.

4.3. Passer d’un compteur bi-horaire à un compteur mono-horaire

Si un consommateur ayant un compteur bi-horaire souhaite passer à un compteur mono-horaire, il lui suffit d’en faire la demande au gestionnaire de réseau de distribution et la modification se fera à distance. L’opération coûte approximativement 35 €.

5. Les différences de prix du kWh selon le compteur

L’avantage du compteur bi-horaire est de proposer un tarif « heure creuse » plus compétitif que le tarif « heure pleine ». En ce qui concerne le tarif mono-horaire, il se situe toujours entre le tarif « heure creuse » et le tarif « heure pleine ». Voici quelques exemples de prix unitaires en Wallonie pour le mois de XXXX 2016.

Engie Electrabel – Easy fixed Eneco – 100% vert Poweo – Fixe
Prix (c€) Rapport Prix (c€) Rapport Prix (c€) Rapport
Mono-horaire 5,881 / 6,29 / 4,12 /
Bi-horaire – Jour 6,795 15,54 % 7,24 15,10 % 4,82 16,99 %
Bi-horaire – Nuit 4,910 16,51 % 5,53 12,08 % 3,23 21,60 %
Exclusif de nuit 4,910 16,51 % 5,53 12,08 % 3,06 25,73 %

Les valeurs inscrites dans ce tableau sont exprimées en centimes d’euros par kilowattheure (c€/kWh). Le rapport représente la différence de prix entre le tarif mono-horaire et le tarif bi-horaire et exclusif de nuit.

On observe que le tarif le moins cher est celui du compteur exclusif nuit. Celui-ci est, chez la plupart des fournisseurs, égal au prix du tarif de nuit du compteur bi-horaire. Ensuite, on retrouve le tarif du compteur mono-horaire, plus cher que le tarif de nuit (bi-horaire) mais moins cher que le tarif de jour (bi-horaire), qui est le plus cher.

La différence entre les tarifs ne semble pas conséquente, et pourtant :

  • Le tarif de jour du compteur bi-horaire est jusqu’à 17 % plus cher que le tarif du compteur mono-horaire ;
  • Le tarif de nuit est jusqu’à 21,6 % moins cher que le tarif du compteur mono-horaire ;
  • Le tarif du compteur exclusif de nuit reste le plus compétitif avec un prix jusqu’à 25 % moins cher que le tarif du compteur mono-horaire.

Pour savoir à partir de quelle consommation il est intéressant de passer d’un compteur mono-horaire vers un compteur bi-horaire ou vice-versa, découvrez notre article « Est-il rentable de passer son compteur mono-horaire en compteur bi-horaire ? » (à venir).

Sources

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